En bref

  • Système : Les verbes japonais se divisent en 3 groupes distincts.
  • Groupe 1 (Godan) : La majorité des verbes, 9 terminaisons possibles.
  • Groupe 2 (Ichidan) : Verbes finissant par « iru » ou « eru ».
  • Groupe 3 (Irréguliers) : Seulement deux verbes : « suru » et « kuru ».
  • Conjugaison : Chaque groupe suit une mécanique précise pour la forme polie en -Masu.

Le verbe est le moteur de la phrase japonaise. Contrairement au français où la conjugaison change selon la personne (je, tu, il…), le verbe japonais reste invariable quel que soit le sujet. La modification se fait uniquement selon le temps et le niveau de politesse. Pour construire des phrases correctes, il faut d’abord identifier à quel groupe appartient un verbe. Cette identification conditionne toute la suite de l’apprentissage de la grammaire japonaise.

La forme du dictionnaire : Le point de départ

Avant de conjuguer, il faut connaître la forme neutre du verbe. On appelle cela la « forme du dictionnaire » (jisho-kei) ou forme neutre. C’est celle que l’on trouve dans les lexiques.
Une règle absolue régit cette forme : tous les verbes japonais se terminent par le son « u ».
Attention, cela ne veut pas dire qu’ils finissent tous par la lettre « u » seule, mais par une syllabe contenant le son « u » (u, ku, su, tsu, nu, bu, mu, ru, gu). C’est cette terminaison qui détermine le groupe.

Le Groupe 1 : Les verbes Godan (五段)

Ce groupe est le plus vaste. On les appelle « Godan » ou verbes à 5 temps. Ils englobent la majorité des verbes d’action. Pour les reconnaître, il suffit de regarder la dernière syllabe. Si le verbe ne finit pas par « iru » ou « eru », c’est presque automatiquement un verbe du groupe 1.
Voici les 9 terminaisons possibles pour les verbes Godan, avec des exemples concrets :

TerminaisonExemple (Kanji + Kana)RomajiTraduction
u (う)買う (かう)kauacheter
ku (く)書く (かく)kakuécrire
gu (ぐ)泳ぐ (およぐ)oyogunager
su (す)話す (はなす)hanasuparler
tsu (つ)待つ (まつ)matsuattendre
nu (ぬ)死ぬ (しぬ)shinumourir
bu (ぶ)遊ぶ (あそぶ)asobus’amuser / jouer
mu (む)飲む (のむ)nomuboire
ru (る)取る (とる)toruprendre

Notez bien la terminaison en « ru » (る). Elle pose souvent problème aux débutants car elle existe aussi dans le groupe 2. Pour le groupe 1, la règle est simple : si la voyelle juste avant le « ru » est un « a », un « u » ou un « o », le verbe appartient au groupe 1.
Exemple :

  • Noboru (登る – grimper) : avant « ru », on a le son « o ». C’est un Godan.
  • Owaru (終わる – finir) : avant « ru », on a le son « a ». C’est un Godan.

Le Groupe 2 : Les verbes Ichidan (一段)

Le deuxième groupe, appelé Ichidan, est plus simple à gérer. Ces verbes se terminent toujours par la syllabe « ru » (る). Mais attention, la condition supplémentaire est phonétique.
Pour appartenir à ce groupe, le son qui précède le « ru » final doit être « i » ou « e ». Cela donne des terminaisons en -iru ou -eru.
Exemples courants :

  • Taberu (食べる – manger) : finit par -eru.
  • Miru (見る – voir) : finit par -iru.
  • Neru (寝る – dormir) : finit par -eru.
  • Okiru (起きる – se lever) : finit par -iru.
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Visuellement, en kanji, la différence est souvent claire : le « ru » (る) sort du kanji. Dans 食べる (taberu), le « be » est inclus dans le kanji ou écrit en hiragana, mais le « ru » est toujours visible à la fin.

Le Groupe 3 : Les verbes irréguliers

C’est la bonne nouvelle de la langue japonaise : il n’y a que deux verbes irréguliers à connaître par cœur. Contrairement aux langues latines où les exceptions sont légion, ici la liste est close.
Les deux verbes sont :

  • Suru (する) : faire
  • Kuru (来る) : venir

Le verbe Suru est particulièrement utile. Il sert à transformer des noms en verbes d’action. On prend un mot du vocabulaire de base, on ajoute « suru », et on obtient un verbe.
Exemples de verbes composés avec Suru :

  • Benkyou (étude) + suru = Benkyou suru (勉強する – étudier).
  • Shigoto (travail) + suru = Shigoto suru (仕事する – travailler).
  • Denwa (téléphone) + suru = Denwa suru (電話する – téléphoner).

Le piège des exceptions : Faux amis du groupe 2

Certains verbes ressemblent parfaitement à des Ichidan (groupe 2) car ils finissent par « iru » ou « eru », mais ils appartiennent en réalité au groupe 1 (Godan). Il faut les mémoriser car ils se conjuguent différemment.
Voici les exceptions les plus fréquentes à connaître dès le début :

  • Kaeru (帰る – rentrer chez soi) : finit par -eru, mais c’est un groupe 1.
  • Hashiru (走る – courir) : finit par -iru, mais c’est un groupe 1.
  • Kiru (切る – couper) : finit par -iru, mais c’est un groupe 1. (Attention : Kiru 着る « porter un vêtement » est bien un groupe 2).
  • Shiru (知る – savoir/connaître) : finit par -iru, mais c’est un groupe 1.
  • Hairu (入る – entrer) : finit par -iru, mais c’est un groupe 1.

Astuce mnémotechnique : Pour « Kaeru » (rentrer), imaginez qu’on rentre à la maison avec ses 5 sens (5 = Godan).

La conjugaison polie : La forme en -Masu

Une fois le groupe identifié, on passe à la conjugaison. La forme la plus utile pour commencer à parler est la forme polie, appelée « forme en -Masu ». C’est celle qu’on utilise avec des inconnus, des professeurs ou des collègues. Elle est standard et passe-partout.
Le mécanisme de transformation change selon le groupe.

Conjugaison du Groupe 1 (Godan)

La règle est phonétique : on change le son final « u » en son « i », puis on ajoute « masu ». C’est pour cela qu’on appelle ce groupe « Godan » (5 rangées), car le verbe navigue sur les colonnes des voyelles (a, i, u, e, o). Ici, on passe de la colonne U à la colonne I.
Tableau de transformation Godan :

Verbe (Dictionnaire)Transformation (u -> i)Forme Masu (Polie)Traduction
Kau (かう)KaiKaimasu (かいます)J’achète / Il achète
Kaku (かく)KakiKakimasu (かきます)J’écris
Oyogu (およぐ)OyogiOyogimasu (およぎます)Je nage
Hanasu (はなす)Hanasi (Hanashi)Hanashimasu (はなします)Je parle
Matsu (まつ)MachiMachimasu (まちます)J’attends
Shinu (しぬ)ShiniShinimasu (しにます)Il meurt
Asobu (あそぶ)AsobiAsobimasu (あそびます)Je joue
Nomu (のむ)NomiNomimasu (のみます)Je bois
Toru (とる)ToriTorimasu (とります)Je prends
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Remarquez les légères modifications orthographiques pour conserver la prononciation correcte :

  • Su devient Shi (Hanasu -> Hanashimasu).
  • Tsu devient Chi (Matsu -> Machimasu).

Conjugaison du Groupe 2 (Ichidan)

C’est la conjugaison la plus simple. La méthode consiste à supprimer simplement la syllabe « ru » finale et à la remplacer par « masu ». Le radical du verbe ne change pas.

  • Taberu (manger) -> On enlève « ru » -> Tabe -> Tabemasu (食べます).
  • Miru (voir) -> On enlève « ru » -> Mi -> Mimasu (見ます).
  • Okiru (se lever) -> On enlève « ru » -> Oki -> Okimasu (起きます).

C’est une opération mécanique : couper et coller.

Conjugaison du Groupe 3 (Irréguliers)

Comme il n’y a que deux verbes, il faut apprendre leur transformation par cœur. Le radical change complètement de prononciation.

  • Suru (faire) devient Shimasu (します).
    • Benkyou suru -> Benkyou shimasu (J’étudie).
  • Kuru (venir) devient Kimasu (来ます).
    • Attention à la prononciation du Kanji : dans 来る il se lit « Ku », dans 来ます il se lit « Ki ».

La forme négative polie (Masen)

Une fois la mécanique du « Masu » comprise, la négation devient un jeu d’enfant. Il suffit de remplacer « masu » par « masen ». La construction du radical reste exactement la même pour les trois groupes.
Exemples concrets :

  • Groupe 1 : Iku (aller) -> Ikimasu (je vais) -> Ikimasen (je ne vais pas).
  • Groupe 2 : Taberu (manger) -> Tabemasu (je mange) -> Tabemasen (je ne mange pas).
  • Groupe 3 : Suru (faire) -> Shimasu (je fais) -> Shimasen (je ne fais pas).

Cette régularité facilite grandement l’expression orale. Dès qu’on maîtrise la transformation vers le radical « masu », on accède au présent, au futur (qui est le même temps en japonais) et à la négation.

Cas pratique : Analyser un nouveau verbe

Prenons un verbe inconnu pour s’exercer : Kiku (聞く – écouter).

  • Observation : Il finit par « u » (plus précisément « ku »).
  • Test : Est-ce qu’il finit par « iru » ou « eru » ? Non.
  • Conclusion : C’est un verbe du Groupe 1 (Godan).
  • Conjugaison :
    • On change le « u » final en « i » : Kiku -> Kiki.
    • On ajoute masu : Kikimasu (J’écoute).

Prenons un autre verbe : Oshieru (教える – enseigner).

  • Observation : Il finit par « ru ».
  • Test : Le son avant « ru » est « e » (Oshie-ru).
  • Conclusion : C’est un verbe du Groupe 2 (Ichidan).
  • Conjugaison :
    • On supprime « ru » : Oshieru -> Oshie.
    • On ajoute masu : Oshiemasu (J’enseigne).

Cette gymnastique mentale devient automatique avec un peu de pratique. L’erreur classique consiste à traiter un verbe Ichidan comme un Godan (dire « Oshierimasu » au lieu de « Oshiemasu »). Pour éviter cela, vérifiez toujours la voyelle qui précède le « ru ».
La maîtrise de ces trois groupes est le socle de la langue. Toutes les autres formes verbales (forme en -Te pour la demande, forme -Ta pour le passé, forme potentielle, etc.) se basent sur cette classification initiale. Une erreur de groupe au départ entraîne une erreur de conjugaison en chaîne. Prenez le temps de bien classer chaque nouveau verbe appris dans votre vocabulaire.