En bref

  • Hai (はい) : Le « oui » standard et poli, passe-partout.
  • Un (うん) : Le « ouais » décontracté, réservé aux amis et à la famille.
  • Répétition du verbe : La méthode la plus naturelle pour répondre à une question précise.
  • Sou desu (そうです) : Pour confirmer une information (« c’est ça »).
  • Aizuchi : Les sons pour montrer que l’on écoute, différents de l’accord total.

Dire « oui » en japonais semble simple au premier abord. Pourtant, se limiter au célèbre Hai bride la communication et manque de naturel. La langue japonaise repose énormément sur le contexte et le niveau de formalité. Utiliser le bon mot pour affirmer quelque chose change radicalement la perception qu’un natif aura de son interlocuteur.

Le classique universel : Hai (はい)

Le mot que tout le monde connaît est évidemment はい (hai). C’est le terme standard pour exprimer l’affirmation. Il fonctionne dans la quasi-totalité des situations formelles et polies. Au travail, à l’école ou avec des inconnus, c’est le choix de sécurité.

Cependant, はい (hai) ne signifie pas uniquement « oui ». Il possède une fonction sociale très forte. Lorsqu’un professeur fait l’appel en classe, les élèves répondent はい (hai). Ici, cela signifie « présent ». De même, au téléphone, il est fréquent d’entendre une personne répéter はい (hai) à intervalles réguliers pendant que l’autre parle. Dans ce cas précis, cela ne marque pas l’accord, mais simplement l’écoute. Cela se traduit par « je vous entends » ou « je suis là ».

L’écriture se fait presque toujours en hiragana. Le kanji existe (拝), mais son usage reste extrêmement rare et archaïque dans la vie quotidienne. Contentez-vous des hiragana.

Attention à la prononciation : le « h » est aspiré, comme en anglais « hi », et le « ai » se prononce « aïe ». Une prononciation nette et courte marque le dynamisme et l’attention.

La version décontractée : Un (うん)

Sortir un Hai bien net lors d’une soirée entre amis ou avec sa famille créera une distance étrange. Dans un cadre informel, le japonais utilise うん (un). Cela correspond au « ouais » ou « mh-mh » français, mais sans la connotation impolie que cela peut avoir chez nous.

La prononciation demande un peu d’entraînement. La bouche reste presque fermée. Le son ressemble à un grognement nasal bref. L’intonation descendante marque l’affirmation.

Regardez la différence de contexte. Si un patron demande si le dossier est prêt, on répond はい (hai). Par contre, si un ami demande si on va manger des ramen, on répond うん (un).

La maîtrise de ces niveaux de langage est le socle de la politesse japonaise. Mélanger les deux registres peut paraître soit arrogant, soit trop distant.

Confirmer une information : Sou desu (そうです)

Parfois, répondre simplement « oui » ne suffit pas. Lorsqu’il faut confirmer l’exactitude d’une information ou d’une identification, l’expression そうです (sou desu) est plus appropriée. Elle se traduit littéralement par « c’est ainsi » ou « c’est cela ».

Imaginez qu’on demande フランス人ですか (Furansujin desu ka ?) : Êtes-vous Français ? Répondre simplement Hai est correct, mais répondre はい、そうです (Hai, sou desu) est beaucoup plus naturel. Cela confirme le statut.

En langage familier, on enlève « desu ». On dira simplement そう (sou) ou encore そうそう (sou sou) répété rapidement pour montrer un accord enthousiaste, du type « c’est exactement ça ! ».

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Il existe des variantes courantes. そうです (Sou desu) signifie « C’est cela » dans un registre poli. そうですね (Sou desu ne) veut dire « C’est vrai, n’est-ce pas » ou « Je suis d’accord ». そうか (Sou ka) exprime « Ah bon ? » ou « Je vois » de manière informelle.

La méthode « Écho » : Répéter le verbe

Voici le secret pour paraître vraiment japonais. Souvent, le mot pour « oui » n’est pas utilisé du tout. À la place, on répète le verbe de la question. C’est une manière précise et claire de répondre, qui évite toute ambiguïté.

Prenons un exemple concret avec le verbe manger, 食べる (taberu). Si quelqu’un demande 寿司を食べますか (Sushi o tabemasu ka ?) : Mangez-vous des sushis ? On répond 食べます (Tabemasu) : Je mange.

En français, cela semblerait robotique de répondre « Je mange » à la place de « Oui ». En japonais, c’est la norme. Cela fonctionne avec tous les verbes et adjectifs.

Autre exemple avec お元気ですか (Ogenki desu ka ?) : Allez-vous bien ? La réponse naturelle est 元気です (Genki desu) : Je vais bien.

Cette technique montre une bonne écoute de la question posée. C’est aussi un excellent exercice pour mémoriser le vocabulaire et la conjugaison.

Accepter une requête ou une offre : Onegaishimasu (お願いします)

Si quelqu’un propose un service ou offre quelque chose, répondre Hai est un peu sec. Pour dire « oui, s’il vous plaît », l’expression incontournable est お願いします (onegaishimasu).

Prenons une situation concrète : un serveur demande si on veut de l’eau. La réponse appropriée est はい、お願いします (Hai, onegaishimasu).

C’est une formule magique qui adoucit l’interaction. Elle est indispensable pour accepter une faveur. D’ailleurs, une fois le service rendu, n’oubliez pas de dire merci en japonais pour clore l’échange correctement.

Dire « J’ai compris » : Wakarimashita (分かりました)

Dans un environnement professionnel ou lorsqu’on reçoit des instructions, le simple « oui » ne suffit pas à rassurer l’interlocuteur sur la bonne compréhension du message. Il faut utiliser des verbes spécifiques marquant la compréhension.

L’expression la plus courante est 分かりました (wakarimashita), qui signifie « j’ai compris ».

Exemple simple : un professeur dit « Faites cet exercice pour demain. » L’élève répond « Wakarimashita. »

Pour aller plus loin dans la formalité, notamment face à un client ou un supérieur hiérarchique très respecté, on peut utiliser plusieurs variantes. 了解です (Ryōkai desu) signifie « Bien reçu » ou « Roger » et s’emploie souvent entre collègues ou à la radio. 承知しました (Shōchi shimashita) exprime « J’ai pris connaissance » dans un registre très formel, typique du monde des affaires. かしこまりました (Kashikomarimashita) veut dire « Certainement » ou « À vos ordres » et reste typique des serveurs et du personnel hôtelier.

Utiliser Kashikomarimashita avec des amis provoquera certainement des rires, car cela vous place dans une position de domestique.

Le piège des questions négatives

C’est un point qui déroute souvent les francophones. La logique japonaise pour répondre à une question négative est l’inverse de la logique française.

En français, si on demande : « Tu ne viens pas ? », et que l’on ne vient pas, on répond « Non ». En japonais, on répond à la véracité de la phrase, pas au fait.

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Regardez bien cet exemple. Quelqu’un demande 明日来ませんか (Ashita kimasen ka ?) : Ne venez-vous pas demain ? La réponse japonaise est はい、来ません (Hai, kimasen).

Littéralement, cela se traduit par : « Oui (ce que tu dis est vrai), je ne viens pas. »

Si on répondait いいえ (iie – non), cela voudrait dire : « Non (ce que tu dis est faux), je viens. »

Autre exemple : 嫌いじゃないですか (Kirai janai desu ka ?) : Tu ne détestes pas ça ? La réponse はい (Hai) signifie : Oui (c’est vrai, je ne déteste pas ça = j’aime bien).

Il faut une gymnastique mentale au début. Pour éviter les malentendus, la méthode « Écho » vue plus haut (répéter le verbe) est la solution la plus sûre.

L’accord enthousiaste : Mochiron (もちろん)

Pour exprimer un « oui » fort, du type « bien sûr » ou « évidemment », le mot est もちろん (mochiron). Il s’écrit souvent en hiragana ou en kanji (勿論).

C’est parfait pour montrer de la motivation ou pour rassurer quelqu’un sur une permission. Si quelqu’un demande « Puis-je emprunter ce stylo ? », on peut répondre もちろん (Mochiron) : Bien sûr !

On peut aussi utiliser いいですよ (Ii desu yo). Attention toutefois avec Ii desu. Selon l’intonation et le geste de la main, Ii desu peut vouloir dire « C’est bon (oui) » ou « C’est bon (non merci, ça ira) ». L’ajout de la particule « yo » à la fin (Ii desu yo) lève souvent le doute et indique la permission.

L’art des Aizuchi (相槌)

Les Japonais supportent mal le silence total lors d’une conversation. Pour montrer qu’ils sont actifs dans l’échange, ils utilisent des petits mots ou des sons appelés Aizuchi.

Les plus fréquents sont les suivants. ええ (Ee) est un « oui » poli, plus doux que Hai. Très fréquent chez les femmes ou dans les conversations calmes. なるほど (Naruhodo) signifie « Je vois » ou « C’est donc ça » et marque la compréhension d’un nouveau concept. 本当に (Hontou ni ?) veut dire « Vraiment ? ».

Il ne faut pas confondre ces sons avec un accord contractuel. Un Japonais peut dire Hai ou hocher la tête dix fois pendant une réunion. Cela veut dire « Je suis votre raisonnement », et non « Je signe le contrat ». C’est une nuance culturelle source de nombreuses incompréhensions dans le monde des affaires.

Tableau récapitulatif des nuances

Voici un résumé pour choisir le bon mot au bon moment.

Mot japonaisNiveau de politesseSignification principale
はい (Hai)Poli / StandardOui / Présent / Je vous écoute
うん (Un)FamilierOuais / Mh-mh
そうです (Sou desu)PoliC’est exact / C’est ça
分かりました (Wakarimashita)PoliJ’ai compris / Entendu
もちろん (Mochiron)NeutreBien sûr / Évidemment
ええ (Ee)Poli (doux)Oui (conversationnel)

Savoir dire « oui » en japonais demande d’observer son entourage. Écoutez comment les natifs répondent à leurs supérieurs comparé à leurs amis. La clé réside dans l’imitation. Commencez par Hai et Sou desu pour rester poli, puis intégrez la répétition du verbe pour gagner en fluidité.