En bref

  • Surnoms : La ville porte trois noms : la Dotta (la Savante), la Grassa (la Grasse) et la Rossa (la Rouge).
  • Gastronomie : C’est la capitale culinaire de l’Italie, berceau du ragù et des tortellini.
  • Architecture unique : Bologne possède près de 40 km de portiques classés à l’UNESCO.
  • Histoire : Elle abrite la plus ancienne université du monde occidental, fondée en 1088.
  • Panorama : La montée de la tour Asinelli offre une vue complète sur les toits rouges.

Bologne reste souvent dans l’ombre de ses voisines touristiques comme Florence ou Venise. Cette capitale de l’Émilie-Romagne offre pourtant une concentration rare d’histoire médiévale et de traditions culinaires intactes.

La Dotta, la Grassa, la Rossa : comprendre l’identité de la ville

Bologne se définit par trois surnoms historiques. Ces qualificatifs résument l’âme de la cité.

Le premier est La Dotta (la Savante). Il fait référence à son université. Celle-ci existe depuis 1088. Elle attire des étudiants du monde entier depuis le Moyen Âge.

Le second est La Grassa (la Grasse). La cuisine locale est riche et opulente. Le beurre, le porc et les pâtes fraîches dominent les assiettes. Cette réputation gastronomique dépasse largement les frontières italiennes.

Le troisième est La Rossa (la Rouge). Cela renvoie à la couleur des briques et des tuiles des toits. Une autre interprétation lie ce nom à l’histoire politique de la ville, bastion historique de la gauche italienne.

Piazza Maggiore : le cœur battant de la cité

La Piazza Maggiore constitue le point de départ de toute visite. Cette place rectangulaire rassemble les bâtiments les plus symboliques du pouvoir civil et religieux.

La Basilique San Petronio domine l’espace. C’est l’une des plus grandes églises du monde. Sa façade reste inachevée. La partie inférieure est en marbre, la supérieure en briques brutes. Ce contraste visuel la rend unique.

Le Palazzo d’Accursio, ou Palazzo Comunale, borde l’ouest de la place. Il abrite l’hôtel de ville et des collections d’art. Sur la place adjacente, la Piazza del Nettuno, trône la fontaine de Neptune. Les Bolonais l’appellent Il Gigante en raison de sa taille imposante.

Les Deux Tours : symboles médiévaux

Le paysage urbain de Bologne se caractérise par ses tours. Au Moyen Âge, la ville en comptait plus d’une centaine. Les familles nobles les construisaient pour montrer leur puissance.

Aujourd’hui, les Due Torri (Deux Tours) sont les plus célèbres. Elles se situent Piazza di Porta Ravegnana.

La Tour Asinelli est la plus haute. Elle culmine à 97 mètres. Il est possible de monter ses 498 marches. L’effort garantit une vue panoramique sur toute la région. Par temps clair, on aperçoit les collines environnantes.

La Tour Garisenda est plus petite mais plus penchée. Elle mesure 48 mètres. Son inclinaison est si forte qu’elle a dû être raccourcie au XIVe siècle pour éviter l’effondrement. Elle n’est pas accessible au public pour des raisons de sécurité.

L’Université et l’Archiginnasio

L’histoire universitaire imprègne chaque rue. Le palais de l’Archiginnasio fut le siège principal de l’université du XVIe au XIXe siècle. Il abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale.

La cour intérieure mérite une visite. Les murs sont couverts de milliers de blasons. Ils représentent les étudiants et professeurs passés par ces lieux. C’est la plus grande collection héraldique murale au monde.

À l’étage se trouve le Théâtre Anatomique (Teatro Anatomico). Cette salle servait aux cours d’anatomie. Elle est entièrement construite en bois d’épicéa et de cèdre. Des statues en bois, les « Écorchés » (Gli Spellati), soutiennent le baldaquin du professeur. L’atmosphère y est solennelle et studieuse.

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Les portiques : un patrimoine mondial

Bologne possède le plus long réseau de portiques au monde. Ils couvrent près de 40 kilomètres dans le centre historique. L’UNESCO les a inscrits au patrimoine mondial en 2021.

Leur origine est pratique. Au Moyen Âge, la ville manquait de logements pour les étudiants. On a agrandi les étages supérieurs des maisons vers la rue. Des colonnes soutenaient ces extensions. Cela a créé des passages couverts.

Ces arcades permettent de traverser la ville à l’abri. On marche protégé du soleil en été et de la pluie en hiver. Chaque portique a son style. Certains sont en bois médiéval, d’autres en pierre Renaissance.

Sanctuaire de San Luca : la longue marche

Le portique le plus célèbre mène au Sanctuaire de la Madonna di San Luca. Il mesure près de 4 kilomètres. Il compte 666 arches. Il relie la ville à la colline de la Guardia.

La montée est une tradition locale. Les Bolonais la font souvent à pied pour le sport ou le pèlerinage. Le parcours commence à la Porta Saragozza.

Au sommet, le sanctuaire baroque offre une vue imprenable. L’église abrite une icône de la Vierge Marie attribuée à Saint Luc. La descente offre des perspectives changeantes sur la ville rouge.

La gastronomie bolonaise : règles et traditions

Manger à Bologne est une activité culturelle sérieuse. La ville défend l’authenticité de ses recettes. La Chambre de Commerce a même déposé les recettes officielles.

Le plat emblématique est les tagliatelle al ragù. Attention au vocabulaire. Les « spaghettis bolognaise » n’existent pas ici. La sauce à la viande (ragù) doit enrober des pâtes larges aux œufs (tagliatelle). Les spaghettis sont trop fins pour retenir cette sauce riche.

Les tortellini sont une autre fierté. Ce sont de petites pâtes farcies de viande de porc, de jambon cru, de mortadelle et de parmesan. La tradition exige de les servir in brodo (dans un bouillon de chapon).

La mortadelle (mortadella) est la reine des charcuteries locales. C’est une saucisse large de porc, parfumée et pistachée. On la déguste souvent en cubes à l’apéritif ou en tranches fines dans du pain.

Le Quadrilatero : le marché historique

Le quartier du Quadrilatero concentre les commerces de bouche. Il se situe juste à côté de la Piazza Maggiore. Ses ruelles étroites regorgent d’étals colorés.

La Via Pescherie Vecchie est particulièrement animée. On y trouve des poissonniers, des bouchers et des boulangers. Les vitrines exposent des meules de parmesan et des jambons de Parme. C’est l’endroit idéal pour observer la vie locale.

Le Mercato di Mezzo offre une option moderne. C’est un marché couvert rénové où l’on peut acheter et manger sur place. L’ambiance y est conviviale et bruyante, typiquement italienne.

Santo Stefano : les sept églises

La Piazza Santo Stefano abrite un complexe religieux fascinant. On l’appelle souvent « les Sept Églises » (Le Sette Chiese). En réalité, il en reste quatre imbriquées les unes dans les autres.

La Basilique de Santo Stefano est un labyrinthe architectural. On passe d’une église romane à une cour médiévale, puis à une crypte ancienne. L’atmosphère y est très différente des grandes basiliques baroques.

La cour de Pilate (Cortile di Pilato) se trouve au centre. Elle contient une vasque en pierre du VIIIe siècle. Le silence de ce lieu contraste avec l’animation des rues voisines.

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Culture et modernité

Bologne ne vit pas que dans le passé. C’est une ville jeune et dynamique grâce à ses étudiants. L’offre culturelle y est dense.

Le MAMbo (Musée d’Art Moderne de Bologne) propose des expositions contemporaines de haut niveau. Il se situe dans une ancienne boulangerie industrielle. Le lieu mélange architecture industrielle et œuvres avant-gardistes.

La Cineteca di Bologna est une institution mondiale. Elle restaure et conserve des films anciens. En été, elle organise le festival « Il Cinema Ritrovato ». Les projections en plein air sur la Piazza Maggiore sont magiques. C’est une excellente occasion de se plonger dans le cinéma italien classique dans un cadre grandiose.

Pour les amateurs de productions plus récentes, la région sert souvent de décor. De nombreuses séries italiennes choisissent l’Émilie-Romagne pour son esthétique particulière et ses lumières chaudes.

Vocabulaire essentiel pour la visite

Voici quelques termes spécifiques pour naviguer dans la ville et comprendre les menus.

Mot italien Signification et contexte
Il portico Le portique. Passage couvert typique de l’architecture bolonaise.
La torre La tour. Désigne souvent les tours médiévales comme Asinelli.
Il ragù La sauce à la viande. Ne dites jamais « sauce bolognaise ».
I tortellini Pâtes farcies en forme de nombril. Spécialité locale absolue.
L’osteria Type de restaurant traditionnel, souvent plus simple qu’une trattoria.
L’aperitivo Rituel de fin de journée. Boisson accompagnée de nourriture, très populaire ici.

Exercice pratique

Testez vos connaissances sur Bologne, son histoire et sa gastronomie :

Question 1 : Quel est le surnom de Bologne lié à sa gastronomie ?




« La Grassa » (la Grasse) fait référence à la richesse de la cuisine locale, célèbre pour ses pâtes, sa charcuterie et ses fromages.

Question 2 : Quelle est la particularité des « Due Torri » ?




La tour Asinelli est haute (97m) tandis que la Garisenda est plus basse (48m) et présente une inclinaison très prononcée.

Question 3 : Comment doit-on servir les tortellini selon la tradition stricte ?




La tradition bolonaise exige que les tortellini soient servis « in brodo », c’est-à-dire cuits et servis dans un bouillon de viande (souvent de chapon).

Question 4 : Que trouve-t-on au sommet de la colline de la Guardia, accessible par un long portique ?




Le sanctuaire de la Madonna di San Luca se trouve au sommet, relié à la ville par le plus long portique du monde (près de 4 km).

Question 5 : Quelle est la date de fondation de l’Université de Bologne ?




Fondée en 1088, c’est la plus ancienne université du monde occidental encore en activité, ce qui vaut à la ville le surnom de « La Dotta ».

Question 6 : Quel bâtiment célèbre se trouve sur la Piazza Maggiore mais possède une façade inachevée ?




La Basilique San Petronio est reconnaissable à sa façade bicolore : marbre en bas et briques brutes en haut, car les travaux n’ont jamais été terminés.


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